Les artistes exposent "Murs visibles murs invisibles"

Publié le par l'art au garage

Le mur de Berlin, même longtemps après sa chute, a donné lieu à une fascination particulière chez de nombreux artistes internationaux. La trace du mur, ou son absence mais aussi les changements que la ville et ses habitants ont vécu, le paysage, les idéologies, la manière dont la cité se réinvente. D’importants sujets de réflexion, de création, comme le montrent ici:


* Patrick Tourneboeuf, photographe, * Diana Righini et * Rebecca Young, plasticiennes.


* Didier Laget, écrivain et plasticien, a passé quatre ans à observer la destruction du “Palast der Republik”.  Ce bâtiment abritait les cerveaux qui ont imaginé le mur de Berlin. Il a été démoli vingt ans après le mur. Pourtant plus le bâtiment semblait disparaître, plus le mur resurgissait. Sur plus de 2 000 captures d’écran qu’il a réuni, l’artiste en a choisi 800, qu'il a retravaillé pour faire murmur de Berlin. La bande-son est créée à partir d’éléments sonores échantillonnés dans les rues de la ville, décollage à Templehof, machines de chantier, S-Bahn...


* Cathy Cat-Rastler, plasticienne, propose quant à elle, par l’intermédiaire d’un objet symbolique, la Trabant, une traversée fantasmatique. Son travail interroge à la fois les frontières géographiques, idéologiques et psychologiques. Gare g’art…une voiture au Garage !


* Virginie Balabaud, par ses photographies "Gestation de Berlin, 1999" souligne un modèle de reconstruction architectural et humain européen. Gestation de "l'enfant idéal" dont les deux parents seraient représentés par l'Est et l'Ouest, notions cardinales encore omniprésentes d'un mur pas tout à fait déconstruit.

* Katrin Guntershausen
photographe: travaille sur la reconstruction de la mémoire, qui mélange des reproductions d'archives de la Stasi, des extraits d'interviews, des photographies. L'origine de cette proposition photo est la rencontre avec "A". Vivant en ex-RDA elle était surveillée par la Stasi. Huit ans après la chute de la mur, elle se rendait à Berlin désireuse de connaître le contenu de son dossier Stasi.


* Lieja Nurova pour le collectif brodeuses 19, propose "Je suis ensemble, disait l'ange" (Les ailes du Désir), une broderie documentaire qui témoigne d'une histoire de la douleur, d'une histoire de l'arbitraire. L'aiguille marque l'image pour en faire le dépositaire d'une mémoire collective.


La photographe, * Leïla Garfield, a demandé a 45 berlinois, de naissance ou d'adoption les raisons qui, 20 ans après la chute du Mur, les ont motivés à élire domicile dans la ville de Berlin. Un portrait, une photo chez eux, et un texte manuscrit nous font entrer dans le Berlin d'aujourd'hui, éclectique, étonnant et avant tout vivant. Son livre s’appelle « Warum Berlin ».


* Georg Klein, compositeur et « media artist », invite les citoyens européens à questionner leur propre positionnement dans la sécurisation croissante des murs frontaliers de l’Europe. Le premier « bureau » du « European Border Watch » a été inauguré en 1997, dans un mirador sur l’ancienne frontière entre Berlin Ouest et Est. A l’occasion de « murs visibles, murs invisibles », il inaugure la version francophone de son site.


Kal Touré, (réalisateur du film « Victimes de nos richesses ») donne la parole à ceux qui, en quête d’une vie digne, se sont retrouvés face à la violence des murs.


* Luigi Piacentini, architecte photographe, * Idit Adler architecte et * Jean Cresp psychologue photographe, chacun ayant vécu sur des territoires tranchés par le même mur, proposent sous la forme d'une fresque murale une création qui pose la double question de l'espace et de ses perceptions.


* Laurent Montfort a fait un aller-retour par la frontière à Tijuana, des USA vers le Mexique. Quelques photos prises à la volée décrivent le quotidien violent de ces Mexicains qui rêvent de cet ailleurs si proche. Derrière le mur, le « rêve américain ».


Certains artistes questionnent la permanence d’un mur et sa potentialité à se transformer à travers une recherche d’une nouvelle matière symbolique. En témoigne dans l’exposition le travail de deux plasticiennes : * Frédérique Nalbandian, * Sarah Viguer.


* Simoné Giovetti, photographe, propose une étude photographique sur l’espace, le temps et les frontières : Palestine : « Comme dans une chambre fermée, il fait noir et la fumée pique les yeux Parfois on manque d’oxygène. La tête sous l’eau, on pourrait s’endormir pour en finir, mais on retient encore son souffle… Parfois la lumière y filtre, c’est un soleil puissant. »


* Jean Dobritz a dessiné quelques murs de ce monde avec un regard satirique, plein d’humour et d’humeur. Trait TNT et rire explosif !


* Lyonel Kouro, explorateur de concepts, a découvert un monde imaginaire sans gravité ou les étranges habitants naviguent sur un paysage semé de divertissements et de dangers, dont un fascinant mur de parpaings – réversible …


* Alain Declercq, a photographié des domiciles de financiers et d’hommes politiques de Montréal et ses banlieues chics.  Contrairement aux riches Européens qui ont la « culture du mur », les fortunes américaines se dévoilent au grand jour. Les clichés ont été pris de nuit à l’aide d’un projecteur installé à l’arrière d’un pick-up pour vite shooter les images, avant que la patrouille de surveillance n’arrive.


* Tristan Grujard, lui, peint avec le Monochrome Molotov, à même le mur : entre l’activisme et poésie…


Le travail de * Maria Clark , performeuse et artiste visuel, concerne les problématiques du territoire, des frontières ;mais aussi du corps, de la langue.  L’œuvre se développe ainsi à travers les thématiques de la ligne, du mouvement (corporel et migratoire), de l’immobilité — poussée jusqu’à l’immobilisme.


* Charlotte Raiffé, artiste plasticienne, capture des images lors de ses errances pédestres puis nourrit un travail d'édition, où le livre nouvelle dérive fictionnelle, permet de retracer le vacillement, l'entre deux, l'ailleurs, l'isolement...

"Décloisonner nos territoires en quête d'espaces sauvages, là où raisonne la fragilité de l'être. "


* Félix Aberasturi, architecte et peintre, questionne le sujet des migrations humaines et des frontières. Lui-même issu des immigrés européens en Amérique du Sud et émigrant vers l’Europe a son tour…  Dans sa peinture, les paysages deviennent des murs, et la trace d’un corps qui flotte, qui fait tache, qui n’est pas à sa  place, parle de cet intrus que l’on appel immigré. La solitude, la peur et par fois la mort sont le tribut à payer pour tenter de traverser « les murs »…
 
* Le thème de cette exposition a trouvé son inspiration dans le titre d’un film réalisé par les enfants du *Cafézoïde et l'atelier audiovisuel de Zalea TV, le Journal International des Quartiers. « Murs visibles et invisibles ». Ce film fait partie d’un projet qui avait pour objectif de donner une autre vision des quartiers en donnant la parole à ses habitants. Chaque film était réalisé en partenariat avec d'autres structures associatives en Europe et en Amérique latine.


Enfin, pour transpercer le mur vers l’humour, voici qu’entre en scène au «Garage », *Macadâmes : Compagnie de théâtre corporel hors les murs. Dans un monde d’interdits, un trottoir pour décors, Macadâmes raconte l’histoire de deux personnages en quête de leur ligne de désir.

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Kouro 14/11/2009 10:19


Murs visibles , murs invisibles ; Super cool vernissage , et super boulot d'organisation de Rebecca et Jean Claude. Encore Brrrravoooo . LK